Plantes du genre Sida

Des plantes antibactériennes systémiques et adaptogènes

Introduction

Dans son ouvrage Herbal Antibiotics. Natural Alternatives for Treating Drug-resistant Bacteria, Stephen Harrod Buhner distingue les plantes antibactériennes spécifiques des plantes antibactériennes systémiques

- les plantes antibactériennes spécifiques recouvrent les plantes dans les principes actifs exercent une action locale ciblée. Une fois ingérée, leurs composés ne franchissent pas les membranes protectrice des voies digestives ; leur champ d’action est donc limité en interne aux infections intestinales et urinaires, et aux infections cutanées lorsqu’elles sont appliquée sur la peau.

- Les plantes antibactériennes systémiques sont les plantes dont les composés antibiotiques se répandent dans l’organisme par la circulation sanguine, et qui par ce moyen peuvent atteindre tous les organes et les cellules. Leur champ d’action est donc plus large que celle des plantes antibactériennes spécifiques.
Cette propriété systémique est l’apanage d’un nombre réduit de plantes. En effet généralement, lorsque les plantes sont absorbées par l’organisme, leurs composés actifs restent essentiellement dans le tube digestif. Seuls les composés actifs de quelques plantes ont la faculté de traverser les membranes intestinales et de circuler dans le corps.

Cette propriété est celle des quelques plantes qui ont de réelles propriétés antipaludiques et peuvent neutraliser le plasmodium pathogène vecteur de la malaria qui s’est infiltré dans le sang.

Plusieurs plantes du genre Sida peuvent être associées à la catégorie restreinte des plantes antibactériennes systémiques. Outre Sida sp., les quatre autres genres de plantes réputées dotées des propriétés antibiotiques systémiques les plus importantes sont :

Cryptolepis sp. (Cryptolepis sanguinolenta, Cryptolepis buchanani, Cryptolepis hypoglauca, Cryptolepis triangularis...)

Alchornea sp. (Alchornea cordifolia, Alchornea laxiflora...)

Bidens sp. (Bidens pilosa)

Artemisia sp. (Artemisia annua, Artemisia afra...)

Des articles dédiés, sont consacrés sur ce site à Bidens pilosa , Artemisia annua et Artemisia afra . Le présent article est consacré au genre Sida.

Le genre Sida

Le genre Sida appartient à la famille des Malvaceae. Selon les classifications botaniques, il comprend quelque 100 à 200 espèces, essentiellement réparties dans les régions tropicales et subtropicales, mais certaines espèces s’étendent jusqu’aux régions tempérées. La plupart des espèces de Sidas arborent les fleurs à cinq lobes, de couleur jaune pâle à orange typiques de nombreuses malvacées.

Certaines espèces sont des plantes couvre-sol, tandis que d’autres deviennent des buissons robustes pouvant atteindre 2 m de haut. Une même espèce peut être vivace, annuelle ou bisannuelle en fonction de l’endroit où elles poussent et du climat. Elles sont souvent considérées comme des adventices envahissantes.

La base de données de James Duke répertorie une douzaine d’espèces de Sida ayant un éventail d’usages médicinaux similaires, à savoir le traitement du paludisme, des fièvres, des maux de tête, des maladies de la peau, des plaies infectées, de la diarrhée et la dysenterie, des morsures de serpent, de l’asthme, des problèmes digestifs et des infections systémiques.

Les plus fortes occurrences conjointes d’indication similaires sont celles de Sida acuta, Sida cordifolia, Sida rhombifolia et Sida veronicaefolia qui peuvent être considérés comme des plantes antibactériennes systémiques.

Une autre caractéristique de ces espèces de Sida serait d’être adaptogène, c’est-à-dire de contribuer à réguler le métabolisme et de stimuler l’immunité ce qui aide à faire face à des situations de stress.

En médecine ayurvédique, elles sont considérées comme des plantes « Rasayana » c’est-à-dire comme des plantes qui possèdent une action bénéfique sur les systèmes neuro-endocrino-immunitaires et qui constituent une source riche en antioxydants.

Withania somnifera (Ashwagandha, Umuhire ou Ginseng indien), Centella asiatica (Gutwi kumwe, l’herbe du tigre ou Gotu Kola), Zingiber officinalis (Tangawiz ou gingembre), Mucuna pruriens (Umusugi ou Pois mascate) sont quelques unes des plantes présentes au Rwanda considérées comme « Rasayana » en ayurveda.

Ce sont des plantes médicinales puissantes dans le traitement des pathologies neurodégénératives telles que la démence, la Maladie de Parkinson, la maladie d’Alzheimer, la perte de mémoire, etc. Un certain nombre d’études pharmacologiques ont mis en exergue l’action puissante de Sida cordifolia à cet égard.

Sida acuta est l’espèce qui a été le plus étudiée, mais d’autres espèces du genre Sida se révèlent tout aussi puissantes, en particulier Sida rhombifolia et Sida cordifolia. Deux autres espèces, Sida tiagii et Sida spinosa, n’ont pas été étudiées de manière aussi approfondie, mais selon Stephen Harrod Buhner, leurs utilisations traditionnelles, et certaines recherches, suggèrent qu’elles pourraient posséder les mêmes actions médicinales. Il se pourrait bien que d’autres espèces de Sida contiennent des principes actifs similaires. Si c’est le cas, elles pourraient élargir la gamme et l’accessibilité des plantes aux propriétés antibactériennes systémiques.

Les développement à suivre concerneront quatre espèces de Sida dotées de propriétés antibactériennes systémiques et adaptogènes présentes en Afrique de l’Est. Il s’agit de :

Sida acuta
Sida alba
Sida cordifolia
Sida rhombifolia

Sida acuta

Nom botanique Sida acuta Burm.f. (Malvaceae)

Noms vernaculaires :

- Kirundi : Umuvumvu
- Français : Sida à feuilles aiguës, Herbe dure ou Herbe à balais
- Anglais : Common Wireweed, Morning mallow
- Hindi : Baraira
- Tamoul : Palambasi
- Népalais : Balu Jhaar, Kuro, Saano Chilya

Description :

Sida acuta est une plante herbacée vivace ou un arbrisseau pouvant atteindre 1 à 2 mètres de haut, aux ramifications pileuses et à feuilles alternes lancéolées et à fleurs jaunes. Sida acuta peut perdre ses parties aériennes (tiges et feuilles) en saison sèche tout en gardant vivantes ses racines, profondément enterrées, et produire de nouvelles tiges en saison des pluies. Sa racine pivotante très profonde et forte supporte les sécheresses, fourrage intensif des animaux, le fauchage et le travail du sol. Avec le temps, sa tige devient également coriace.

Une fois établie, la plante est donc très compétitive et se répand facilement dans les écosystèmes perturbés. On peut la trouver jusqu’à 1 500 m d’altitude dans les pâturages, les terrains vagues, les terres agricoles cultivées, les bords de route, les pelouses, les forêts et tout environnement perturbé ou planté par l’homme. Elle pousse bien dans les sols argileux et désertiques ainsi que dans l’humus noir typique et survit aussi bien aux fortes pluies qu’à à la sécheresse. Les graines qui sont très pointues et perforent la peau, et les pieds adhèrent bien aux vêtements et aux pelages des animaux, sont ramassées dans la boue des pneus et des chaussures, se cachent dans les balles de foin et d’herbe, et germent facilement où qu’elles se trouvent. Toutes ses caractéristiques en font une grande invasive.

Répartition

Sida rhombifolia est largement répartie dans les régions tropicales et se rencontre dans presque tous les zones tropicales d’Afrique, d’Asie et d’Amérique. Elle est présente au Burundi ou on l’appelle « Umuvumvu », mais vraisemblablement absente au Rwanda où nous ne lui connaissons pas de nom local.

Usages

Alimentation

Les feuilles peuvent être cuites et utilisées comme légumes. Elles sont très riches en protéines, de 16 à 25 pour cent selon la façon dont il est cultivé.

Fourrage

La plante est une bonne plante fourragère pour tous les animaux, sauf les chèvres. Les chèvres réagissent négativement à l’un de ses composés : la swainsonine. Ce constituant n’affecte pas les humains ou les autres animaux ; le seul rapport d’effets indésirables concerne les chèvres.

Fibres

Sida acuta est considérée comme une bonne source de fibres et comme un substitut du jute en Malaisie. Les fibres sont utilisées pour fabriquer des cordes, des toiles et des filets de pêche.

Utilisation domestique

Dans certaines régions, en particulier en Amérique du Sud, on utilise les tiges et les jeunes rameaux pour fabriquer des balais exceptionnellement durables
Les feuilles sont macérées dans l’eau pour faire un après-shampoing pour les cheveux et une lotion pour la peau squameuse.

Indications médicinales traditionnelles

La plante est utilisée pour ses propriétés médicinales dans certaines régions d’Asie, d’Afrique et d’Amérique centrale.

Utilisations traditionnelles du Sida

Sida acuta est largement utilisé en médecine traditionnelle dans le monde entier pour traiter le paludisme, les fièvres, les maux de tête, les maladies de la peau, les plaies infectées, la diarrhée, la dysenterie, les morsures de serpent, l’asthme, les problèmes digestifs et les infections systémiques.

Usages traditionnels de Sida acuta

Angola Paludisme, hépatites
Australie Diarrhée et l’indigestion
Burkina Faso Fièvre, diarrhée, infection pulmonaire, hépatites, morsures de serpent et d’insectes venimeux, asthénie
Bénin Diarrhée, ocytocique facilitation de l’accouchement, tonique, varicelle
Cameroun Troubles hépatiques, infections pulmonaires, règle douloureuses
Chine Bronchite avec toux et respiration sifflante, inflammations des voies urinaires, dermatose, les démangeaisons, eczéma du scrotum, plaies et furoncles, douleurs d’estomac, dysenterie, gastrite, entérite, amygdalite, troubles hépatiques, malaria, le rhume, grippe, calculs rénaux
Colombie Morsure de serpent
Congo Brazzaville Fièvre, Panaris, infections oculaires, maux d’estomac
Côte d’Ivoire Fièvre, analgésique, maux de dents, catarrhes pulmonaires, fièvre, aphrodisiaque, tonique, douleurs intercostales, diarrhées
Gabon Troubles hépatiques
Ghana Blessures récentes et anciennes
Guatemala, Nicaragua Asthme, inflammation rénale, rhumes, fièvre, maux de tête, ulcères, troubles hépatiques, vers intestinaux
Hawaii Infections vaginales, les fleurs mâchées comme laxatif, la plante entière pilée et le jus pris pour l’asthme ou pour un état général de faiblesse
Kenya Membres gonflés, tonique et aliment végétal commun
Madagascar Abcès, panaris tonique
Malaisie Grippe, plaies, maux de dents, ulcères, douleurs de poitrine, gale, abcès, impuissance, gonorrhée et rhumatismes
Mali Émollient, troubles hépatiques, aphrodisiaque
Maurice Piqûre de guêpe, paludisme, inflammation
Mozambique Règles douloureuses
Nigeria Paludisme, fièvre typhoïde (antipyrétique), maux de dents, gencives douloureuses, nettoyage des dents, ulcères, fièvre, gonorrhée, ocytocique → avortement, facilitation de l’accouchement, diarrhées, ecchymoses, infections cutanées, infections et douleurs oculaires, saignements de nez. cancer du sein, empoisonnement, inflammation, plaies et blessures, coupures, hématomes, saignements, comme et émollient, choléra, hygiène dentaire, drépanocytose
RDC Ocytocique, diarrhée, dysenterie, gastrite, paludisme, fracture, gonorrhée, hémorroïdes, épilepsie, épigastralgie, asthénie sexuelle
Sierra Léone Furoncles
Sri Lanka Hémorroïdes, les fièvres, l’impuissance, la gonorrhée, rhumatismes ; névralgie
Tanzanie Panaris, galactogène
Togo Eczéma, calculs rénaux, maux de tête, blessures, abcès, facilitation de l’accouchement, tétanos, aphrodisiaque
Trinidad et Tobago Eczéma

Parties utilisées

- racines, feuilles, tiges, graines. La racine dure et difficile à déterrer et plupart des gens ont tendance à n’utiliser que les parties aériennes pour des raisons de simplicité de récolte et de respect de l’environnement.

Propriétés médicinales :

- adaptogène
- analgésique
- anti-inflammatoire
- anxiolytique
- anthelminthique (jus de feuilles fraîches)
- antiamibienne
- antibactérienne
- antifongique
- anticancéreuses : antinéoplasique ou cytotoxiques en bloquant la mitose, c’est-à-dire la division cellulaire et donc la prolifération des cellules cancéreuses
- anticonceptionnel (inhibe la fécondité en empêchant l’implantation de l’œuf chez la souris)
- anti-inflammatoire
- antipaludique
- antimicrobiennes
- antioxydant (légèrement)
- antiprotozoaire
- antipyrétique
- antiulcéreuse
- antivenimeuse
- hépatoprotectrice
- hématoprotectrice
- hématorégénératrice
- hématotonique
- hypoglycémiante

Activités antimicrobiennes :
Sida acuta est active contre :
- Babesia spp.
- Bacillus spp.
- Escherichia coli
- Herpes simplex
- Listeria innocua
- Mycobacterium phlei
- Pasteurella multicocida
- Plasmodium spp.
- Salmonella typhimurium
- Shigella boydii Shigella dysentariae Shigella flexneri Staphylococcus aureus Streptococcus pyogenes
La plante est apparemment moins active contre Pseudomonas aeruginosa, Candida spp, Aspergillus niger et A. fumigatus

Composition :

Sida acuta et plusieurs autres espèces de Sida sont avec Cryptolepis sanguinolenta quelques unes des rares plantes médicinales connues, à contenir de la cryptolépine. La cryptolépine est l’un des constituants les plus puissants de la plante qui présente notamment une action hypotensive et antimicrobienne.

Parmi les autres constituants, on trouve de l’ecdystérone, du bêta-sitostérol, du stig-mastérol, de l’ampestérol, de l’évofoline A et B, de la scopoletine, du loliolide, du 4-cétopinorésinol, de l’éphédrine, dela bêta-phénéthylamine, la quinazoline, les alcaloïdes carboxylés de la tryptamine, l’alpha-amyrine, l’hentriacontane, hypolaetin-8-glucoside, campesterol, heraclenol, acanthoside B, daucoglycoside, choline, betaine, trans-feruloyltyramine, vomifoliol, acide ferulique, acide sinapique, acide syringique, syringaresinol, acide vanillique, swainsonine, vasicine, vasicinol, vasicinone, et peganine.

Les graines de Sida acuta et Sida rhombifolia contiennent de nombreux ecdystéroïdes, dont l’ecdysone et la 20-hydroxyecdysone. Il semblerait que les plantes contiennent également ces composés. C’est la source présumée des actions adaptogènes des sidas lorsqu’ils sont utilisés comme médicaments.
Les plantes de Sida acuta contiennent également des alcaloïdes, des flavonoïdes, des stéroïdes, des tanins, des cardénolides, des polyphénols, des terpénoïdes et des glycosides cardiaques. Sida acuta tout comme Sida rhombifolia contiennent un certain nombre d’acides gras cyclopropénoïdes.

La teneur en éphédrine de Sida acuta et des autres sidas est minuscule comparée à celle des véritables espèces d’éphédra. S. acuta contient 0,006% dans les racines et 0,041% dans les feuilles et les tiges. S. cordata a 0,005 pour cent et 0,036 pour cent ; S. cordifolia a 0,007 pour cent et 0,112 pour cent ; S. rhombifolia a 0,031 pour cent et 0,017 pour cent. En revanche, Ephedra distachya contient environ 3 pour cent dans la plante ; E. sinica a environ 2,2 pour cent. La racine de Sida cordifolia, à 0,112 pour cent, est celle qui se rapproche le plus du pourcentage d’éphédra. Essentiellement, S. cordifolia a environ 1/20e de la teneur en éphédrine de E. sinica. Néanmoins, les entreprises vendent à nouveau les sidas pour la perte de poids et l’énergie, et pour les haltérophiles - une pratique que je considère comme peu scrupuleuse.

Les racines contiennent de l’asparagine. La feuille contient du mucilage et des saponines.

Culture et récolte

Sida acuta pousse bien à partir de ses graines qui sont très résistantes, avec un taux de survie d’au moins 30 % après plusieurs saisons de sécheresse. Chaque plante produit plusieurs centaines de graines chaque année. Elles s’attachent à tout animal qui passe et tombent plus tard pour propager la plante encore plus loin. Les graines ont besoin d’une période de température élevée pour briser leur tégument et se développent mieux si l’on alterne des périodes de températures élevées et basses. Les graines sont récoltées à l’automne et peuvent être semées là où vous voulez qu’elles poussent, avec un arrosage moyen.

Note importante : Sida acuta est aussi bon pour guérir les terres endommagées que les personnes malades ; la plante est exceptionnellement bon pour détoxifier les sols pollués. Elle élimine le cadmium, le plomb, le nickel, le fer, le zinc, le cobalt, le mercure, le molybdène, le cuivre, le manganèse, l’arsenic et le chrome des sites pollués par l’industrie ou des décharges. Elle est particulièrement efficace pour éliminer le plomb, le zinc, le fer, le nickel, le cadmium, le chrome, le molybdène et l’arsenic. Pour cette raison, la plante ne doit pas être récoltée à des fins médicinales ou nourricière sur des sites pollués, car elle contiendra des niveaux élevés de métaux lourds.

Du fait de son fort potentiel invasif, elle ne doit pas être introduite dans des régions où elle n’est pas naturellement présente.

Sida cordifolia

Nom botanique : Sida cordifolia L.

Noms vernaculaires :

- Kinyarwanda : Umucundura rweru
- Kirundi : Umuvumvu
- Langues du Kivu : Mudundu (Mashi)
- Swahili : Mgaaga paka
- Français : Balai poilu, Herbe à paniers, Sida à feuilles en cœur
- Anglais : Flannel weed, Heart-leaf sida, Indian ephedra
- Hindi : Bala (« vigueur »)

Répartition

Sida cordifolia est une herbacée tropicale qui compte deux sous-espèces d’origine africano-américaine et asiatique. Elle est très répandue en Afrique tropicale. En Inde, Sida cordifolia est cultivé en tant que plante à fibres.

Alimentation

Au Nigeria, on fait cuire les feuilles comme légume.

Fourrage

Selon la base de données Prota, le bétail se nourrit du feuillage de Sida cordifolia en Afrique de l’Ouest ; dans le nord du Nigeria la plante serait prisée comme fourrage d’engraissement pour les chevaux. Certains vétérinaires considèrent que les animaux ne doivent pas manger cette plante telle quelle, mais qu’il est possible de la sécher, la broyer et la mélanger à d’autres ingrédients afin de confectionner des « blocs multi-nutritionnels densifiés », très riches comme alimentation pour le bétail.

Fibres

L’écorce produit de la fibre qui est employée pour la fabrication de cordages. Une tentative de domestication de la plante a été effectuée pour la production commerciale de fibre au Mozambique et au Zimbabwe.

Vannerie

En R.D. du Congo, on utilise les tiges en vannerie. La plante entière ou les tiges ramifiées font souvent office de balais.

Colle

Les feuilles pilées donnent une colle utilisée en Tanzanie pour étanchéifier les pots qui fuient.

Usages médicinaux dans les grandes traditions médicinale

Source : Kokopelli.

« Sida cordifolia est l’une des plantes les plus réputées de la médecine ayurvédique – et des deux autres Médecines de l’Inde, Unani et Siddha. Ce sont ses feuilles, ses tiges, ses fleurs et ses racines qui sont utilisées. Son usage, en Asie, est pluri-millénaire.

Son appellation en Sanskrit est “Bala” – qui signifie “Force, Vigueur”. Selon la Médecine Ayurvédique, d’autres espèces, du même genre, sont, également, utilisées médicinalement telles que, par exemple, Sida rhomboidea, « Mahabala » ; Sida rhombifolia, « Atibala » ; Sida alba, « Nagabala » . En 2006, en Inde, la consommation annuelle de Sida était estimée à près de 6000 tonnes – toutes récoltées dans la nature.

Sida cordifolia a été, également, utilisé médicinalement par les médecines traditionnelles du Tibet, de Chine, d’Afrique, d’Australie et d’Amérique Latine. Cette espèce possède, en effet, de très nombreuses qualités médicinales : toniques, anti-inflammatoires, anti-spasmodiques, anti-tussives, anti-catarrhales, analgésiques, anti-pyrétiques, anti-ulcérogéniques, anti-oxydantes, neuro-protectrices, anti-nociceptives, hypotensives, cardio-protectrices, hépato-protectrices, sédatives, anti-prolifératives, anti-diabétiques, hypoglycémiques, anti-hypercholestrolémiques, vulnéraires…

Dans la Tradition hindoue, Sida cordifolia est associé à la déesse de la grâce et de la beauté, Sodashi, qui est appelée, également, Tripura-Sundari – à savoir « Trois fois Belle » . Ainsi, les trois plantes médicinales maîtresses conseillées pour la beauté des femmes sont : Sida cordifolia, Saraca asoca et Asparagus racemosa.

En médecine ayurvédique, les feuilles, tiges et racines de Sida cordifolia sont utilisées pour traiter la dysenterie chronique, la gonorrhée, l’asthme, les hémorroïdes et les pathologies neuro-dégénératives telles que la Maladie de Parkinson. Elles sont également utilisées comme aphrodisiaque. Ses racines sont utilisées pour les pathologies nerveuses telles que la paralysie faciale, l’hémiplégie et pour les pathologies urinaires. Les écorces de ses racines sont utilisées pour leurs propriétés stomachiques, émollientes, toniques, astringentes, amères, diurétiques et aromatiques. Ses graines sont utilisées comme aphrodisiaque et, également, dans le traitement de la gonorrhée, de la cystite, des hémorroïdes, des coliques et du ténesme. Son huile est utilisée pour les rhumatismes et l’arthrite.

La médecine ayurvédique a, également, recours à Sida cordifolia pour soigner la tuberculose, les abcès, les ulcères, les problèmes cardiaques, la sciatique, les névralgies, la spermatorrhée, la leucorrhée, la stérilité, l’arthrite, les rhumatismes, les refroidissements, les testicules enflammés, les fièvres, les blessures, les maux de gorge, les congestions nasales, les maux de tête, l’urticaire, la faiblesse de transpiration, les inflammations oculaires et la fatigue générale. »

Comme mentionné plus haut, l’ayurvéda, considère Sida cordifolia et d’autres espèces de Sida comme une plante « Rasayana », concept proche de celui de « plante tonique majeure » en médecine traditionnelle chinoise. Rasayana est un mot sanskrit signifiant littéralement chemin (āyana) d’essence (rasa). Ce terme médical ayurvédique ancien faisant référence à des techniques d’allongement de la durée de vie et de revigoration de l’organisme. Comme plante Rasayana, Sida cordifolia est réputée rééquilibrer les doshas, et remédier aux dysfonctionnements de Vata.

Usages médicinaux traditionnels de Sida cordifolia en Afrique

Afrique du Sud hypertension artérielle
Bénin cancer, leucémie, infections, affections des voies urinaires, fièvre, coqueluche
Burundi dysenterie, diarrhée du nouveau-né, entorse, kwashiorkor, facilitation de l’accouchement (ocytocique), amibiase, fièvre
Burkina Faso dysenterie, inflammation oculaire, piqûre d’insectes venimeux
Centrafrique inflammation oculaire
Congo Brazza inflammation oculaire, infection pulmonaire, fièvre, troubles hépatique, douleur intercostale
Côte d’Ivoire dysenterie, affection oculaire, piqûre d’insectes venimeux
Ghana paludisme
Kenya dysenterie, lumbago, induction des règles, avortement
Madagascar diaphorétique, paludisme, piqûres d’insectes, tumeur, douleur, émollient, diurétique, pectoral, maux de tête, facilitation de l’accouchement
Malaisie inflammation oculaire
Maurice coliques, cystite, astringent, diurétique, tonique
Niger plaies
Nigeria asthme, saignements durant la grossesse, MST (gonorrhée, trichomonase, infection à chlamydia, la syphilis), HIV, spermatorrhée, troubles uro-génitaux, rhume des foins, asthme, hémorroïdes, rhumatismes
Ouganda diabète, ocytocique
Papouasie-Nouvelle-Guinée dysenterie
Philippines dysenterie
RDC rhumatismes, affections pulmonaires, fièvre, infection urinaire
Rwanda pneumonie, syphilis, morsure de serpent
Sénégal dysenterie
Soudan morsure de serpent

Propriétés

- toniques,
- anti-inflammatoires,
- antispasmodiques,
- antibactériennes
- antifongique
- antioxydante
- antitussives,
- anti-catarrhales,
- analgésiques »,
- antipyrétiques,
- antiulcérogéniques,
- antioxydantes,
- neuroprotectrices,
- anti-nociceptives,
- hypotensives,
- cardioprotectrices,
- hépatoprotectrices,
- sédatives,
- antiprolifératives
- antidiabétiques,
- hypoglycémiques,
- anti-hypercholestrolémiques,
- vulnéraire
- nootropique

Les racines de Sida cordifolia sont très mucilagineuses, et contiennent de la vasicine (péganine), un alcaloïde chinazolinique. Les parties aériennes peuvent contenir de l’éphédrine, de la pseudo-éphédrine et de la vasicine. L’écorce de la tige de plantes issues de diverses provenances en Inde ne contenait pas dans certains cas de vasicine, alors que dans d’autres la vasicine était le principal alcaloïde. L’éphédrine et la pseudo-éphédrine variaient entre les provenances de la même façon. Les graines contiennent jusqu’à 0,3% d’alcaloïdes, essentiellement de l’éphédrine, et 30% d’huile qui contient un acide cocarcinogène, l’acide coronarique. Parmi les effets pharmacologiques que les extraits de la plante ont montrés, citons : l’activité antiprotozoaire d’un extrait éthanolique contre Entamoeba histolytica et la chute de la tension artérielle chez le chat et le chien. En outre, un extrait des parties aériennes et des racines a mis en évidence des activités analgésiques, anti-inflammatoires et hypoglycémiques. Des extraits méthanoliques et aqueux de toute la plante ont révélé une importante activité contre l’hépatotoxicité induite par le CCl4, le paracétamol et la rifampicine.

Activités antibactériennes de Sida cordifolia

Sida cordifolia exerce une activité à l’encontre de :

- Candida albicans,
- Candida guilliermondii,
- Candida krusei,
- Candida stellatoidea,
- Candida parapsilosis,
- Candida tropicalis,
- Escherichia coli
- Klebsiella pneumonia,
- Micrococcus luteus,
- Pseudomonas aeruginosa,
- Staphylococcus aureus,
- Staphylococcus epidermidis,
- Trichosporon inkin,
- Trichophyton rubrum,
- Trichophyton mentagrophytes et Penicilium.
- Vibrio cholerae.

Ressources complémentaires :

Ahmed Galal, Vijayasankar Raman and Ikhlas A. Khan, « Sida cordifolia, a Traditional Herb in Modern Perspective – A Review », Current Traditional Med icine, 2015, 1, 5-17 5

Ankit Jain, Shreya Choubey, P.K.Singour, H. Rajak and R.S. Pawar, « Sida cordifolia (Linn) – An overview », Journal of Applied Pharmaceutical Science 01 (02) ; 2011 : 23-31

Sida rhombifolia

Noms vernaculaires

- Kinyarwanda : Umucundura
- Kirundi : Umuvumvu
- Français : Chanvre du Queensland, herbe dure
- Anglais : Queensland hemp, Sida hemp, Cuban jute, Arrow-leaf sida, Broom jute sida, Paddy’s lucerne, Jelly leaf

Description

Plante herbacée vivace érigée ou arbrisseau atteignant 2 à 3 m de haut, Sida rhombifolia est une espèce rudérale que l’on trouve fréquemment à proximité des zones habitées, en bordure de route et de chemin, en lisière de forêt et en clairières. On la rencontre également sur les berges des rivières, en ripisylve, dans les savanes herbeuses et arbustives surpâturées, entre 200–2800 m d’altitude.

Ses tiges sont recouvertes de poils doux et frisés. Ses feuilles sont alternes, simples aux limbes oblancéolés à ovale, aux bords dentés, la face inférieure est plus densément pubescente que la supérieure. Ses fleurs axillaires et solitaires ou groupées à l’extrémité des branches latérales, bisexuées, régulières ont des pétales blancs, jaune pâle ou rose jaunâtre. Le fruit renferme des graines aplaties, réniformes, d’environ 2 mm de diamètre, brun foncé à noires.

Répartition

Sida rhombifolia est largement réparti dans les régions tropicales et se rencontre dans presque tous les pays d’Afrique tropicale. Au Niger, en R.D. du Congo et en Centrafrique, il est cultivé en tant que plante à fibres, de même qu’en Inde, en Australie et en Amérique.

Usages

Alimentation

Les feuilles et les pousses sont consommées comme légume en Afrique du Sud et en Amérique du Sud. Au Vietnam, on confectionne une boisson rafraîchissante avec les feuilles grillées.

Fourrage

Comme la plupart des espèces de Sida, Sida rhombifolia est apprécié comme fourrage.

Fibres textile

L’écorce de Sida rhombifolia donne des fibres que l’on utilise de la même façon que celles du jute (Corchorus spp.). Au Niger, les fibres servent à fabriquer des lignes de pêche et des filets, et en Centrafrique de grands filets de chasse. La fibre d’écorce est blanche, souple, douce, brillante et d’une texture régulière. Après l’avoir soigneusement traitée, on peut la filer avec de la soie. Bien qu’elle soit plus fine et moins solide que la fibre de jute (Corchorus spp.), elle présente des propriétés similaires et peut la remplacer.

Vannerie

On tisse les tiges pour confectionner des clayonnages de portes

Hygiène

Au Gabon et au Kenya on utilise les tiges pour se brosser les dents. Les feuilles remplacent le savon au Gabon et au Kenya.
Les plantes entières sont utilisées comme balais en R.D. du Congo, en Centrafrique et au Gabon.

Teinture
En Afrique de l’Est, le goudron de bois de Sida rhombifolia sert de colorant noir.

Usages médicinaux traditionnels de Sida rhombifolia

Blessures plaies et affections cutanées

- En médecine traditionnelle africaine, la décoction de racine et de feuille est souvent utilisée comme émollient. Les feuilles ou le jus des feuilles sont appliqués sur la peau comme antiseptique.
- La décoction des feuilles est utilisée pour baigner les plaies en Guyane.
- On utilise les feuilles pilées ou le jus des feuilles pour soigner les abcès, les ulcères et les plaies, par exemple en Guinée équatoriale, au Gabon, en R.D. du Congo, en Tanzanie et à Madagascar.
- La plante est broyée et mélangée avec de la graisse molle et du sucre pour faire un cataplasme qui est appliqué pour ramollir les abcès et libérer le pus en Guyane
- La pâte de la racine est appliquée sur les furoncles au Népal.
- Les fleurs sont appliquées sur les piqûres de guêpes.
- Aux Philippines et en Indonésie, on applique la pâte de feuilles délayée dans de l’huile de coco sur les pellicules et les démangeaisons.
- Aux îles Fidji et en Papouasie-Nouvelle-Guinée, les feuilles soignent les foulures,

Hypertension

Au Cameroun, on boit la macération aqueuse des feuilles comme antihypertenseur, sédatif.

Affections gastrointestinales

- On emploie la macération aqueuse des feuilles contre la diarrhée et la dysenterie en R.D.C et au Cameroun et pour traiter les maux d’estomac en général.
- On mâche les racines en cas de dysenterie en Asie du Sud-Est. La pâte de la plante est utilisée pour traiter l’indigestion au Népal.
- En Guyane, le jus des feuilles est mélangé à du vinaigre pour en faire un remède anti-inflammatoire et digestif.

Affections respiratoires

- Les feuilles et les racines contiennent sont utilisées en Chine depuis des siècles pour traiter l’asthme et la bronchite.
- En Malaisie, la plante a servi à traiter la tuberculose pulmonaire.
- On emploie également les feuilles et les racines au Sénégal, en Centrafrique et à Madagascar contre les affections respiratoires comme l’asthme, la bronchite, la dyspnée et la pneumonie.

MST

- Au Cameroun, on boit la macération aqueuse des contre les maladies sexuellement transmissibles.

Abortif

- Les racines et les feuilles (en R.D. du Congo) ou les feuilles uniquement (au Gabon) servent d’abortif.

Fièvre

- La décoction de la plante entière est utilisée comme traitement des fièvres au Népal

Traitement de la douleur

- Aux îles Fidji et en Papouasie-Nouvelle-Guinée, les feuilles soignent les douleurs de l’accouchement et la migraine.

- En Guyane, les fleurs sont consommées pour soulager les douleurs de l’accouchement et les feuilles sont appliquées sur la tête en cataplasme pour remédier aux maux de tête.
- On mâche les racines en cas de maux de dents au Cameroun et en Indonésie.

Propriétés

- L’extrait de racine a d’importantes propriétés cicatrisantes.
- L’extrait de feuille a montré une activité anticancéreuse sur 60 lignées de cellules humaines testées.
- L’extrait de feuille a également fait apparaître une activité anti-VIH sur les lignées de cellules testées.

Activités antimicrobiennes

Sida rhombifolia est actif contre :

- Aspergillus niger
- Aspergillus ochraceus (extraits méthanoliques de la plante)
- Bacillus spp. (divers)
- Candida albicans (extraits méthanoliques de la plante)
- Candida intermeda (extraits méthanoliques de la plante)
- Citrobacter diversus (macération de feuilles)
- Cunninghamella elegans (extraits méthanoliques de la plante
- Entamoeba histolytica
- Escherichia coli (macération de feuilles)
- Escherichia paracoli (macération de feuilles)
- Klebsiella pneumoniae (macération de feuilles)
- Micrococcus luteus
- Morganella morganii
- Proteus vulgaris
- Pseudomonas aeruginosa (macération de feuilles, extraits éthanoliques des feuilles, extraits aqueux des racines, extraits méthanoliques de la plante)
- Salmonella enteritidis (légèrement) (macération de feuilles)
- Salmonella paratyphi
- Shigella flexneri (macération de feuilles)
- Salmonella sonnei
- Salmonella typhi
- Shigella boydii
- Shigella dysentariae
- Shigella flexneri (macération de feuilles)
- Staphylococcus aureus (macération de feuilles, extraits éthanoliques des feuilles, extraits aqueux des racines, extraits méthanoliques de la plante)
- Vibrio mimicus
- Vibrio parahaemolyticus

Composition

Les feuilles et les racines contiennent de l’éphédrine, de la cryptolépine, et de la vasicine. Les racines contiennent également des flavonoïdes, des tanins, des stéroïdes, des résines et des triterpénoïdes.

Lors d’essais de toxicité, des extraits aqueux se sont révélés pratiquement non toxiques.

Sida spinosa

Noms botaniques :

Sida spinosa L. (Malvaceae)
Synonyme : Spinosa alba L.

Noms vernaculaires :

- Kinyarwanda : Akayogera
- Kirundi : Akavumu
- Langues d’Ouganda : Keyeyo (Luganda)
- Langues de Tanzanie : Minyundimi (Sukuma)
- Anglais : Broom Jute, Prickly Sida
- Hindi : Baryar, Gulsakar

Sida spinosa est une herbacée annuelle à racine pivotante peu profonde se divisant en racines secondaires, à courte tiges, aux fleurs à pétales jaune clair ou orange clair estivale généralement cachées dans le feuillage. Ses épines vertes émoussées sous les pétioles des feuilles inférieures sont une caractéristique qui contribue à l’identification de la plante.

On peut la trouver sur des sites qui ont été perturbés, comme les champs abandonnés, les bords de route, les pâturages, ainsi que dans les bois ouverts et les zones riveraines.

Distribution

Les études sur Sida spinosa sont peu nombreuses.

Etudes ethnobotaniques africaines

Pays Usages
Burkina Faso Piqûre d’insecte venimeux
Burundi Diarrhée
Inde Rhumatisme, fièvre, troubles neurologiques, maux de tête, leucorrhée, tuberculose, diabète, troubles utérins
Niger Diarrhée, panaris
Nigeria morsure de serpent
Ouganda Fractures, corps gonflé
Sénégal Diarrhée, tonique
Soudan morsure de serpent

Propriétés :

- antibactérienne
- antifongique
- antidiabétique
- antipyrétique
- diurétique
- antioxydante
- vulnéraire

Activités antibactériennes :

L’extrait de racine de Sida spinosa a montré une activité antimicrobienne significative contre :

- Staphylococcus aureus (extrait aqueux et éthanolique)
- Bacillus subtilis,
- Escherichia coli,
- Pseudomonas aeroginosa.

Préparations et dosages des plantes Sida

Sources : Stephen Harrod Buhner - Herbal Antibiotics, 2nd Edition_ Natural Alternatives for Treating Drug-resistant Bacteria (2012), Storey Publishing

La plante peut être préparée sous forme de poudre, de capsules, d’infusion ou de teinture d’alcool. La plupart des gens utilisent les feuilles. La teinture et l’extrait à l’eau chaude sont les formes médicinales les plus puissantes pour un usage interne. Elles sont les formes les plus efficaces à utiliser pour inhiber les bactéries résistantes.

Poudre :

Pour les infections bactériennes de la peau, la septicémie des plaies et l’eczéma : saupoudrer généreusement la poudre sur le site de l’infection aussi souvent que nécessaire.
Dans les états infectieux aigus : utiliser 1 à 3 cuillères à soupe de poudre dans de l’eau ou du jus.

Capsules :

En prévention : Prendre 3 capsules "00" 3 fois par jour.
Dans les états aigus : Prendre jusqu’à 30 capsules par jour.

Teinture :

Préparation :1:5, alcool à 60 pour cent
Posologie classique : 20-40 gouttes, jusqu’à 4 fois par jour

Pour le staphylocoque résistant : Dans le traitement d’une infection systémique sévère au staphylocoque, la dose habituelle est d’une demi à une cuillère à café, trois à six fois par jour. (ne pas utiliser des doses aussi élevées pendant plus de 60 jours. C’est généralement suffisant).

Infusion :

Utilisez 1 à 2 cuillères à café de feuilles en poudre dans 6 onces d’eau ; laissez infuser 15 minutes.
En prévention : Boire 1 ou 2 tasses par jour.
Dans des conditions aiguës : Boire jusqu’à 10 tasses par jour.
Pour les infections oculaires : Utiliser le thé froid comme collyre, 1 à 3 gouttes selon les besoins, 3 à 6 fois par jour.

Remarque : Bien que l’herbe soit efficace si elle est macérée dans de l’eau froide, des études ont montré que l’extraction à l’eau chaude est plus efficente. Elle est presque aussi forte que la teinture d’alcool.
De plus, comme les principaux constituants actifs de la plante sont des alcaloïdes, l’eau utilisée pour l’infusion doit être acide. Si votre eau est basique, ajoutez quelques gouttes de citron

Effets secondaires et contre-indications :

Aucun n’a été noté, connu ou rapporté ; cependant La plante étant traditionnellement utilisée pour prévenir la grossesse, la plante ne doit pas être utilisée chez les patientes qui essaient de tomber enceinte ou qui sont nouvellement enceintes et aussi pendant la grossesse,. Même si la plante est traditionnellement utilisée en fin de grossesse, il convient de faire preuve de prudence avec les patientes enceintes.
L’herbe contenant de l’éphédrine, même si c’est en quantité infime, par mesure de précaution elle ne devrait probablement pas être utilisée avec des produits pharmaceutiques qui ont des effets similaires.

Interactions herbes/médicaments

Aucune connue ou signalée. Cependant comme la plante est hypoglycémique, elle peut affecter les médicaments contre le diabète. Il suffit de surveiller les niveaux de sucre dans le sang des patients diabétiques.

Avis de Stephen Harrod Buhner sur l’état de la recherche scientifique sur les Sidas

La plupart des études scientifiques se sont concentrées sur l’analyse phytochimique et les études in vitro des actions antimicrobiennes des Sidas. Seules quelques études ont été menées in vivo. L’exploration scientifique de ces plantes n’en est qu’à ses débuts et aucun essai clinique n’a été réalisé à ma connaissance.

Il y a eu un certain nombre d’études sur l’activité antimicrobienne de Sida acuta, et bien qu’elles donnent une bonne indication de sa puissance, presque toutes les études sont imparfaites.
Inexplicablement, très peu de chercheurs semblent conscients de l’importance d’une préparation correcte des extraits de la plante. Si l’on considère uniquement les préparations d’extraits éthanoliques et aqueux dans les études, les problèmes sont doubles. Premièrement, ils ont eu tendance à utiliser de l’alcool pur à 90 ou 95 % pour préparer les extraits d’éthanol. Cela signifie que seuls les constituants solubles dans l’alcool sont présents dans l’extrait. (Il y aurait une infime quantité de constituants hydrosolubles provenant des 5 à 10 % d’eau présents dans l’alcool). Un grand nombre des constituants les plus puissants de la plante, comme la cryptolépine, ne sont solubles que dans l’eau, de sorte que la méthode de préparation affectera l’impact de l’extrait sur les micro-organismes.

Lors de la préparation des extraits aqueux, de nombreux chercheurs ont utilisé une eau distillée à pH neutre. En outre, certains ont procédé à une macération à froid. Ceci est problématique pour plusieurs raisons. Tout d’abord, les alcaloïdes de la plante, notamment la cryptolépine et ses dérivés, sont principalement solubles dans une eau légèrement acide.
Les constituants de la plante sont moins solubles dans l’eau froide que dans l’eau chaude. Pour que les études soient vraiment pertinentes, les extraits aqueux auraient dû utiliser de l’eau avec un pH de 1 à 6 pour s’assurer qu’ils étaient suffisamment acides pour extraire les alcaloïdes et l’eau aurait dû être chaude.
Dans le cas des extraits à l’éthanol, la préparation aurait dû être effectuée en utilisant une moitié d’eau et une moitié d’alcool de grain pur ; les extraits de plantes, aurait dû être insérés dans de l’eau chaude, et ce le mélange laissé à refroidir, avant d’ajouter l’alcool.
Les différences dans les techniques de préparation sont la raison la plus probable pour laquelle les actions antimicrobiennes de la plante varient autant d’une étude à l’autre.

Néanmoins, dans toutes les études, Sida acuta s’est avéré être puissamment actif contre les parasites du paludisme, les bactéries staphylocoques et la tuberculose, bien qu’au-delà, il y ait beaucoup de variations.
La meilleure étude a pris en compte ces facteurs mais n’explorait que l’activité des alcaloïdes.2 Cette étude a trouvé une plus grande activité des alcaloïdes contre les bactéries Gram-négatives que les recherches précédentes, ce qui est logique, puisque le cryptolepis a été trouvé actif contre les bactéries Gram-négatives simplement en raison de la présence de cryptolepine et de ses dérivés. En fait, l’extrait alcaloïde de Sida acuta était presque aussi efficace contre les bactéries Gram-négatives que contre les bactéries Gram-positives.

Un examen attentif indique toutefois que les Sida tuent plus facilement les organismes à Gram positif que ceux à Gram négatif. Cela ne signifie pas qu’elles ne sont pas actives, mais simplement que la dose doit être plus élevée si l’on a affaire à des organismes Gram-négatifs, une observation confirmée par des études sur les deux plantes. La plante doit également être prise pendant une durée plus longue - les bactéries Gram-négatives ont en effet eu besoin d’une exposition plus longue à la plante que les Gram-positives. L’utilisation d’un synergiste qui renforce l’activité antibactérienne contre les bactéries Gram-négatives serait utile.

En dépit des problèmes rencontrés dans les études in vitro, les tests d’activité antimicrobienne ont confirmé les utilisations traditionnelles des plantes contre les maladies microbiennes. Ils ont trouvé le sida fortement actif contre les Plasmodium spp, Staphylococcus aureus, et Mycobacterium phlei, souches résistantes et non résistantes. Il est très actif contre Streptococcus pyogenes, E. coli, Bacillus subtilis, Pasteurella multicocida et Salmonella typhimurium. Elle est également active contre l’herpès simplex, Shigella boydii, S. flexneri, S. dysentariae, et Listeria innocua et moins active contre Pseudomonas aeruginosa, Candida spp., Aspergillus niger, et A. fumigatus, mais toujours efficace, surtout si le dosage est augmenté. Dans de nombreux cas, la plante était plus efficace contre les souches bactériennes que les antibiotiques pharmaceutiques.

Neutralisation des hémotoxines

Il est important de noter que des Sida ont neutralisé in vivo le venin du serpent Bothrops atrox, une vipère commune et très venimeuse d’Amérique du Sud. Le venin du serpent est une hémotoxine qui détruit les globules rouges (et non une neurotoxine comme pour les morsures de cobras et de crotales).
Les constituants du Sida sont particulièrement protecteurs des globules rouges, ce qui explique en partie leur efficacité dans le traitement du paludisme et de la babésia. Avec le venin de serpent, les composés de la plante neutralisent un composé hémotoxique, plutôt que les actions antimicrobiennes de la plante tuent un organisme infectieux.
En ce sens, les extraits de Sida représentent une catégorie unique de médicaments à base de plantes : hématotonique, hémato-générateur et hématoprotecteur.

Sida augmente les niveaux de glutathion dans le sang, augmente le nombre de globules rouges (ce qui en fait remède un particulièrement utile contre l’anémie) et augmente le nombre total de globules blancs, indiquant un effet de potentialisation immunitaire qui pourrait être lié à ses actions adaptogènes rapportées dans la pratique traditionnelle.
Il y a de fortes indications que la plante sera très utile pour le traitement de certaines formes de myélome - cancer des globules rouges. C’est la seule plante que je connaisse qui soit spécifique de cette manière pour les globules rouges.
Des études in vivo ont montré que le Sida acuta a un effet antiulcéreux fort et fiable, c’est-à-dire qu’il protège la paroi de l’estomac de la formation d’ulcères induits. La recherche in vivo a également trouvé une forte action analgésique.

Une autre étude in vivo a révélé que le sida avait un effet hépatoprotecteur contre les lésions hépatiques induites (la plante est utilisée en Inde, entre autres, pour les maladies du foie). Plusieurs composés de la plante se sont avérés inhiber les lésions prénéoplastiques induites dans le tissu mammaire de la souris.
Des études in vivo ont également révélé que le sida est hypoglycémique, abaissant les concentrations de sucre dans le sang chez les souris diabétiques, et qu’il est antihyperlipidémique, abaissant les niveaux de cholestérol et de triglycérides dans le sang, toujours chez les souris diabétiques.
Une analyse de quatre espèces de Sidas - acuta, humilis, rhombifolia et spinosa - a montré qu’ils avaient des constituants alcaloïdes similaires, dont la cryptolépine.

Une analyse de cinq espèces de Sidas - acuta, alba (synonyme de spinosa), cordifolia, rhombifolia et urens - a révélé des niveaux variables de polyphénols dans les plantes.

L’activité antioxydante des plantes a également suivi cet ordre, Sida alba ayant la teneur la plus élevée et Sida urens la plus faible. Les plantes ont été testées pour leur activité anti-inflammatoire, en explorant leur inhibition de la lipoxygénase (LOX) et de la xanthine oxydase (XOX).

Pour LOX : Sida alba a inhibé 80 pour cent, Sida acuta 79 pour cent, Sida cordifolia 21 pour cent, Sida rhombifolia 52 pour cent, Sida urens 47 pour cent ;
Pour XOX : Sida alba a inhibé 47 pour cent, Sida acuta 43 pour cent, Sida cordifolia 13 pour cent, Sida rhombifolia 46 pour cent, Sida urens 35 pour cent.

Toutes ces espèces de sida sont utilisées avec succès pour traiter les maladies du foie, y compris l’hépatite B au Burkina Faso ; les auteurs de l’étude ont exploré certains des mécanismes qui pourraient expliquer leur efficacité.
Le Sida alba (Syn. Sida spinosa) est assez riche en ecdystéroïdes, qui sont adaptogènes et expliquent, en partie, l’utilisation de la plante pour la débilité dans la pratique traditionnelle.

De nombreuses études ont montré que le Sida cordifolia possède des activités anti-inflammatoires et analgésiques très puissantes. Un alcaloïde au nom extrêmement long, l’un des quinazoles - un groupe dont fait partie la cryptolépine - s’est avéré être la source la plus puissante de cette activité. Études in vivo : Un extrait aqueux de cordifolia a stimulé la régénération du foie lors d’une hépatectomie partielle de 67 % chez les rats ; des oiseaux traités au cyclophosphamide, qui provoque une immunosuppression, ont vu cette condition s’inverser lorsqu’on leur a donné du cordifolia.

Études in vitro : La plante est fortement antimicrobienne et agit comme un antistresseur/adaptogène chez les souris stressées ; l’utilisation de la plante après une lésion du myocarde a montré une augmentation significative des antioxydants endogènes dans le tissu cardiaque ; d’autres études ont trouvé des preuves d’une protection contre la neurotoxicité causée par l’acide quinolinique.

Au cours de recherches in vivo, on a constaté que le Sida tiagii avait des effets antidépresseurs et anticonvulsivants chez les souris.

Bibliographie complémentaire :

Dinda, B., Das, N., Dinda, S., Dinda, M., & SilSarma, I. (2015). The genus Sida L. – A traditional medicine : Its ethnopharmacological, phytochemical and pharmacological data for commercial exploitation in herbal drugs industry. Journal of Ethnopharmacology, 176, 135–176. doi:10.1016/j.jep.2015.10.027

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