Stevia rebaudiana

Edulcorant médicinal

Stevia rebaudiana

Edulcorant médicinal

Stevia rebaudiana

Stevia rebaudiana

Le genre Stevia qui appartient à la famille des Asteraceae comprend environ 240 espèces, pour la plupart réparties du Sud-Ouest des Etats-Unis au Nord de l’Argentine. Les plantes appartenant au genre Stevia sont des herbes ou des arbrisseaux annuels ou pluriannuels, poussant généralement dans des environnements montagneux semi-secs de 500 à 3000 mètres d’altitude.

Parmi, les Stevia, l’espèce Stevia rebaudiana est la plus connue, car elle fait partie des rares plantes contenant des substances naturelles puissamment édulcorantes.

Les plus populaire des plantes édulcorantes sont la canne à sucre et la betterave sucrière. Mais d’autres parties de végétaux sont également édulcorantes. C’est notamment le cas des feuilles de la ronce sucrée de Chine - Chinese sweet leaf en Anglais - (Rubus suavissimus) ; de l’écorce de bouleau, ou encore des rafles de maïs.

Une autre espèce, Stevia phlebophylla, originaire du Mexique, contiendrait également des traces de stévioside, le plus commune des substances, qui confèrent à la plante un goût sucré. Par ailleurs, un glycoside de stéviol, le rubusoside, a été identifié dans une espèce de la famille des rosacées : Rubus chingi var suavissmus.

Ronce sucrée de Chine - Rubus suavissimus
Ronce sucrée de Chine - Rubus suavissimus

Dans la stevia comme dans la ronce sucrée de Chine, se sont les feuilles crénelées qui possèdent une saveur sucrée. Les feuilles de stévia ont un pouvoir sucrant environ vingt fois supérieur à celui du sucre ordinaire. Après transformation, les substances édulcorantes de la plantes se présentent en poudre blanche dont le composé principal - le stévioside - est anviron quatre cent fois plus "sucrant" que le saccharose (sucre banal).

Stevia rebaudiana Bertoni est une plante vivace de petite taille, herbacée puis arbustive après quelques années, de 50 à 80 cm de haut. La plante est originaire des confins de la forêt de montagne subtropicale du nord-est du Paraguay. Les propriétés sucrantes des feuilles de Stevia rebaudiana sont connues depuis longtemps par les Guaranis, qui vive dans cette région et appellent d’ailleurs cette plante « caá-êhê », qui signifie « herbe sucrée ».

Diffusion de la plante

Les Guaranis utilisaient les feuilles de caá-êhê pour sucrer la boisson tonique et amère yerba maté pour et rendre certaines boissons thérapeutiques plus agréables ou. Cette tradition s’est répandue dans les régions voisines, notamment au Brésil et en Argentine dans les années 1800.

La connaissance de cette plante hors de son cette aire géographique a été le fait du botaniste suisse-italien M.S. Bertoni en 1887. Trois ans plus tard, le chimiste paraguayen O. Rebaudi mentionna la présence d’un composé sucrant dans la plante, comparable au principe actif de la réglisse l’acide glycyrrhizique. En 1931 les chimistes français M. Bridel et R. Lavieille isolèrent l’un des composés édulcorants de la plante qu’ils nommèrent stévioside.

Des équipes japonaises isolèrent de nouveaux composés édulcorants à la fin des années 1970, tels que le rébaudioside A , le rébaudioside C, les rébaudiosides D et E, le dulcoside A. A l’heure actuelle une trentaine de molécules édulcorantes ont été identifiées.

Les premières exportations transatlantique de Stevia rebaudiana eurent lieu pendant la Seconde Guerre Mondiale en direction du Royaume-Uni, pour servir de substitut au sucre dont les approvisionnements s’épuisaient. Sa culture ne s’est cependant pas alors développée, car la technologie nécessaire pour en faire une culture industrielle n’existait pas.

La plante a été exportée en 1968 vers le Japon, où son exploitation commerciale s’est développée grâce à la recherche de procédés d’extraction et de raffinage des glycoside de stéviol. L’interdiction de l’aspartame et de la saccharine (principaux édulcorants industriels aux effets néfastes sur la santé) ont favorisé l’adoption par les Japonais dans les années 1970 et Stevia représente aujourd’hui 40% du marché Japonais d’édulcorants à faible teneur en calorie.

Au cours des décennies suivantes, Stevia rebaudiana a été introduite dans de nombreux pays. Aux États-Unis, la Food and Drugs Administration a accordé en 2008 le statut d’additif alimentaire consommable sans danger [Generally Recognized As Safe (GRAS)]. En France, le rébaudioside A (extrait de plant purifié à 97%) a été autorisé pour le même usage en 2009. Par la suite, en 2011, l’Union Européenne a autorisé sous le code E960 l’ensemble des glycosides de stéviol purifiés à 95% selon les termes de la réglementation relative aux additifs alimentaires.

Noms vernaculaires de Stevia rebaudiana dans le monde

Guarani : Ka’à eirete, Ka’à he’e
Espagnol : Yerba dulce, Azuka-ka
Français : Stevia, Herbe sucrée du paraguay
Anglais : Sweet plant, Sugar leaf
Indonesia : stevia
Thailand : ya-wan
Vietnam : cỏ ngọt

A notre connaissance est aujourd’hui cultivée à des fins commerciale en Asie en
Inde, Indonésie, Thaïlande, Chine, Taiwan Corée et Japon.
en Amérique : Californie, Canada, Brésil, Argentine, Mexique
En Europe : Italie, Espagne, Slowacki, République Tchèque, Russie, Ukraine, Maldives, Géorgie, l’Abkhazie,
En Afrique, la Stevia est cultivée depuis une date récente au Burundi et à Rwanda ; sa culture expérimentée en Egypte, au Maroc et à Madagascar,

Description botanique

S. rebaudiana est une plante pérenne. Dans son habitat naturel, c’est une plante mince, avec peu de ramifications. Ses tiges sont ligneuses, recouvertes de fins poils laiteux. En culture, la plante produit de nombreuses ramifications, qui lui donnent l’air d’un arbrisseau dense. Les tiges arrivées à maturité dépérissent, et de nouvelles tiges se renouvellent chaque année. Les feuilles sont de petite taille, allongées, droites et dentées. Elles sont simples, opposées, subsessiles, séparées par des entre-noeuds de 2 à 4 cm. Leur forme et leur taille sont variables.

Le système racinaire de S. rebaudiana est pivotant au début de son développement puis devient de plus en plus fasciculé, avec une distribution majeure des racines dans la couche supérieure du sol. S. rebaudiana produisant facilement des repousses et des racines à partir de sa base, il pourrait s’agir d’une plante chaméphyte.

S. rebaudiana est décrite comme auto-incompatible. La majorité des espèces de la famille des Asteraceae sont auto-incompatibles de type sporophytique (Ferrer et Good-Avila, 2007). Ce système d’incompatibilité fait appel à des gènes d’autoincompatibilité, empêchant la reproduction entre individus partageant un ou plusieurs allèles au locus du gène S (S1, S2, S3…Sx). Dans ce cas, le développement du tube pollinique est bloqué et la fécondation n’a pas lieu. L’auto-incompatibilité observée chez S. rebaudiana pourrait être donc de type sporophytique. Les fleurs sont hermaphrodites, petites et généralement blanches . Elles sont regroupées en corymbes comprenant 2 à 6 fleurs, organisés en panicules. La pollinisation de S. rebaudiana est entomophile. Les graines sont contenues dans des achènes de 3 mm de long environ surmontées d’un pappus d’une vingtaine de soies. Les akènes fertiles sont de couleur foncée, alors que les non-fécondés sont clairs.

Cycle de développement

S. rebaudiana est une plante de jours courts, avec une photopériode critique allant de 8 à 14 h selon le génotype, de 13 h en moyenne. L’induction de la floraison est initiée par les jours courts. Elle peut avoir lieu dès le stade 4 feuilles. Les jours longs, quant à eux, favorisent le développement végétatif et ainsi l’élaboration de la biomasse (Brandle et al., 1998). L’initiation de la floraison n’est pas uniforme au sein d’une même plante. Ainsi, tous les stades de développement peuvent être présents sur une même plante au même moment. Une première description des stades de développement de la plante a été réalisée, sur la base de 5 stades végétatifs et 5 stades reproductifs.

Vertus médicinales

En plus d’être sucrée, la stevia est anti-diabétique, antihyperlimidémique, antihypertensive, anti-inflammatoire

Propriétés antidiabétiques

Les glycosides de la stevia ne sont pas des sucres et influencent positivement la glycémie sanguine. Cette propriétés a été confirmées par un séries d’étude d’étude sur modèle animal et quelques études sérieuses sur des personnes.

Curi R et al (1986), ont établi qu’un extrait aqueux fait à partir de 5 g de stevia et pris toutes les 6 heures pendant 3 jours diminuait de manière significative la glycémie sanguine chez des sujet sains.

Curi R, Alvarez M, Bazotte RB, Botion LM, Godoy JL, Bracht A. Effect of Stevia rebaudiana on glucose tolerance in normal adult humans. Braz J Med Biol Res. 1986 ;19(6):771-4.

Sur la base d’une étude incluant 19 personnes minces et 12 obèses, Anton SD et al (2010) ont montré que la stevia réduit d’une manière significative la glycémie postprandiale (après le repas) comparée à l’aspartame ou au fructose.

Stephen D. Anton, Ph.D., Corby K. Martin, Ph.D., Hongmei Han, M.S., Sandra Coulon, B.A., William T. Cefalu, M.D., Paula Geiselman, Ph.D., and Donald A. Williamson, Effects of stevia, aspartame, and sucrose on food intake, satiety, and postprandial glucose and insulin levels. Appetite, 2010 Aug ;55(1):37-43.

A partir d’une série d’étude sur modèle animal Jeppesen, et al (2000, 2002 et 2003) ont montré que les stéviosides sont impliqués dans la stimulation de la sécrétion d’insuline en agissant sur les cellules pancréatiques β-.

Jeppesen, P. B., Gregersen, S., Poulsen, C. R., & Hermansen, K. (2000). Stevioside acts directly on pancreatic beta cells to secrete insulin : Actions independent of cyclic adenosine monophosphate and adenosine triphosphate‐sensitive K+‐channel activity. Metabolism : Clinical and Experimental, 49(2), 208–214.

Jeppesen, P. B., Gregersen, S., Alstrup, K. K., & Hermansen, K. (2002). Stevioside induces antihyperglycaemic, insulinotropic and glucagonostatic effects in vivo : Studies in the diabetic Goto‐Kakizaki (GK) rats. Phytomedicine : International Journal of Phytotherapy and Phytopharmacology, 9(1), 9–14. https://doi.org/10.1078/0944‐7113‐00081

Jeppesen, P. B., Gregersen, S., Rolfsen, S. E. D., Jepsen, M., Colombo, M.,
Agger, A., … Hermansen, K. (2003). Antihyperglycemic and blood pressure‐reducing effects of stevioside in the diabetic Goto‐Kakizaki rat. Metabolism : Clinical and Experimental, 52(3), 372–378.

Dans autre une étude réalisée sur des rats diabétiques, Chang JC et al (2005) ont confirmé que la stevia améliore la sensibilité des cellules à l’insuline.

Chang JC, Wu MC, Liu IM, Cheng JT. Increase of insulin sensitivity by stevioside in fructose-rich chow-fed rats. Hormone and Metabolic Research 37(10):610-6

Le stévioside abaisse les niveaux de glucose après l’ingestion d’aliments. Il existe en outre une relation dose-réponse directe entre la sécrétion d’insuline et le rebaudioside A lorsque les niveaux de glucose sont élevés (Abudula, Jeppesen, Rolfsen, Xiao, & Hermansen, 2004).

Cette propriété est extrêmement bénéfique pour les personnes diabétiques de type 2 qui sont affectée par une résistance à l’insuline.

Ainsi, la l’extrait de plante ou ses composés glycosidiques peuvent être utilisés comme agents antidiabétiques chez les patients atteints de diabète de type 2.

Cette pratique est répandue dans certains pays d’Amérique du Sud, ou les personnes diabétique utilisent des infusion de stévia et des capsules de stévia comme traitement (Singh & Rao, 2005).

Propriétés anti-hypertensive et cardioprotectrices

Les composés naturels de la stévia peuvent également avoir un effet bénéfique sur la santé cardiovasculaire.

Une étude Chinoise conduite par Hsieh MH et al (2003) réalisée sur 168 patients souffrant d’hypertension démontre que 500 mg de stevioside pris 3 fois par jour réduit à la fois la pression artérielle systolique (de 15.0 à 14.0) et diastolique (9,5 à 8,9).

Hsieh MH, Chan P, Sue YM, Liu JC, Liang TH, Huang TY, Tomlinson B, Chow MS, Kao PF, Chen YJ. Efficacy and tolerability of oral stevioside in patients with mild essential hypertension : a two-year, randomized, placebo-controlled study. Clin Ther. 2003 Nov ;25(11):2797-808.

Le Dr Dwigth Lundel, cardiologue américain de renommée mondiale, nous dit ceci : “le sucre agit comme papier verre sur les artères”, créant une inflammation augmentant les risques d’athérosclérose.

L’étude de Geeraert B et al (2010) effectuée sur des rats démontre que le stevioside inhibe la formation de plaque d’athérome sur la paroi des artères. Cette propriété est prometteuse si on considère que le dépôt d’une plaque d’athérome sur la paroi des artères qui est à l’origine de la plupart des maladies cardio-vasculaires, AVC et infarctus en tête est la première cause de mortalité au niveau mondial.

Geeraert B, Crombé F, Hulsmans M, Benhabilès N, Geuns JM, Holvoet P., Stevioside inhibits atherosclerosis by improving insulin signaling and antioxidant defense in obese insulin-resistant mice. International Journal of Obesity (Lond). 2010 Mar ;34(3):569-77.

Park & Cha, (2010) ont montré que des extraits de Stevia peuvent diminuer les niveaux de lipides sériques et induire une vasorelaxation et ainsi réduire le risque d’événements cardiaques. En outre, les stéviosides sont considérés comme des substances toniques pour le cœur.

Park, J.‐E., & Cha, Y.‐S. (2010). Stevia rebaudiana Bertoni extract supplementation
improves lipid and carnitine profiles in C57BL/6J mice fed a high‐fat diet
. Journal of the Science of Food and Agriculture, 90(7), 1099–1105.

Ulbricht et al. (2010) ont montré que les glycosides de Stevia rebaudiana peuvent diminuer la pression sanguine par l’inhibition de l’afflux de calcium dans les vaisseaux sanguins. La relaxation des vaisseaux ainsi produite diminuent le risque d’événements cardiovasculaires.

Ulbricht, C., Isaac, R., Milkin, T., Poole, E. A., Rusie, E., Grimes Serrano, J. M., … Woods, J. (2010). An evidence‐based systematic review of stevia by the Natural Standard Research Collaboration. Cardiovascular & Hematological Agents in Medicinal Chemistry, 8(2), 113–127.

Propriétés anti-inflammatoires

Une étude récente révèle que le stevioside est à la fois anti-inflammatoire et renforce la défense de l’organisme : atténuation de la synthèse de certains médiateurs de l’inflammation et stimulation de la synthèse du TNFalpha (tumor necrosis factor).

Les extraits de stevia semblent actifs contre E. coli (colibacille), le staphylocoque doré, le bacille de la diphtérie et le candida albicans (levure) ; cet effet antibactérien semblent contrarier l’apparition des caries dentaires.

Activité antioxydante

Les composés phénoliques végétaux sont largement reconnus pour leurs propriétés antioxydantes et sont considérés comme des agents efficaces pour contrer le stress oxydatif. L’un des effets les plus documentés de S. rebaudiana est son activité antioxydante, ce qui indique qu’il peut être utilisé comme un puissant antioxydant naturel.

Yu et al. (2017) qui ont évalué les déchets de la tige de S. rebaudiana comme source d’antioxydants ont constaté, que l’extrait d’eau chaude de déchets de tige avait une forte activité antioxydante. Les auteurs de cet études ont identifié cinq composés phénoliques : l’acide vanillique 4-O-β-D-glucopyranoside, l’acide protocatéchuique, l’acide caféique, l’acide chlorogénique et l’acide cryptochlorogénique (Yu et al., 2017).
- L’acide protocatéchuique a révélé une grande capacité à inhiber la formation de peroxydes, mais présentait le plus faible potentiel antioxydant.

D’autres études ont montré des potentialités antioxydantes similaires (Hajihashemi & Ehsanpour, 2014 ; Ruiz-Ruiz et al., 2015 ; Zayova, Stancheva, Geneva, Petrova, & Dimitrova, 2013). Vaško, Vašková, et al. (2014) ont rapporté que la stévia a des effets significatifs contre les radicaux hydroxyles et a la capacité de décomposer le l’oxyde nitrique. En outre, le système de défense antioxydant contre la production excessive de radicaux libres dans les mitochondries était satisfaisant, confirmant sa forte capacité à affecter l’état redox des cellules (Vaško et al., 2014).

Utilisation de la stevia

On peut utiliser la feuille verte ou sèche (20 fois plus sucrante que le sucre) en infusion ou en l’incorporant directement dans l’aliment liquide ou solide à sucrer. Il existe des extraits aqueux ou hydro-alcoolique de stevia (teinture alcoolique), des extraits concentrés jusqu’au stevioside pur, 400 fois plus sucrant que le sucre, et qui n’a pas le goût végétal de l’extrait complet ou de la poudre sèche.

En infusion, stevia pure ou mélangée à d’autres plantes et pour sucrer yaourt ou pâtisseries en sachant que la stevia communique un goût végétal et une légère saveur de réglisse : l’équivalent d’une cuillerée à café de sucre correspond à plus ou moins 1/4 ou à café de poudre sèche de feuilles de stevia (selon son pourcentage en stevioside) soit une à 3 feuilles de stevia.

Il existe une méthode d’extraction du stevioside, la partie active de la stevia, parfaitement "naturelle" car elle emploie comme solvant seulement de l’eau et de l’alcool éthylique.

Effets secondaires : Dans les pays ou la stevia ou ses extraits sont autorisés comme le Japon ou le Brésil, des millions de consommateurs ont consommé de la stevia sans effets secondaires néfastes. Bien au contraire les effets de la stévia sont positif pour le métabolisme général.

Culture de la stévia

Substrat et fertilisation

La stévia s’adapte à de nombreux sols, y compris les sols pauvres, mais elle prospérere mieux sur un substrat riche. En plein champ, un sol limoneux et bien drainé est l’idéal. En pot, utilisez un compost bien mûr installé sur un lit de billes d’argile pour le drainage.

Fertilisez régulièrement, et plus particulièrement 2 semaines avant la récolte, afin de maximiser les teneurs en agents sucrants dans les feuilles. Mais attention, n’utilisez pas d’engrais azoté conventionnel, à libération trop rapide, qui conduirait à de grandes feuilles pauvres en agents sucrants. Optez plutôt pour un engrais biologique à libération lente, comme un compost bien décomposé. Vous pouvez aussi apporter ponctuellement de la poudre de corne, des extraits d’algues ou du purin d’ortie à titre de stimulateur de croissance (avec 12 à 15 jours de macération).

Arrosage et exposition

Stevia rebaudiana est une plante tropicale qui a besoin d’un substrat humide mais néanmoins bien drainé. L’excès d’eau cause des dommages comme le dépérissement de la plante au-dessus du collet. À l’inverse, en été, la sécheresse peut lui être préjudiciable. Si votre plant de stévia est en pot, veillez à des arrosages réguliers. En pleine terre, vous pouvez également disposer un mulch au pied de la plante, pour limiter le dessèchement du sol (le système racinaire du stévia est très développé juste sous la surface du sol).

Dans la nature, en Amérique du Sud, on la rencontre parfois en sous-bois, mais la stévia préfère les situations mieux exposées : lisière de forêt, clairière... Elle a donc besoin de lumière, mais évitez le soleil direct, surtout en plein été. On peut tout à fait l’installer à l’extérieur en été ; en hiver, il est préférable de la rentrer à l’abri du gel si les températures descendent en dessous de -5°C. Car si la stévia supporte des températures faiblement négatives, il vaut mieux ne pas tenter la culture en pleine terre si vous n’habitez pas sous un climat clément (océanique ou méditerranéen).

Parasites et ravageurs

En pot, si la stévia est cultivée à l’intérieur, elle peut être sujet à des attaques de cochenilles ou d’aleurodes. Pour les éviter, vaporisez très régulièrement le feuillage, et aérez la plante. Ces parasites détestent l’humidité et l’air frais !

Au jardin, que la plante soit en pleine terre ou en pot, c’est surtout les rongeurs qui seront à craindre, car mulots, campagnols, souris et lapins apprécient beaucoup les feuilles sucrées de stévia... On les comprend ! Difficile de prévenir les grignotages intempestifs par des moyens de lutte naturelle, à moins d’utiliser un répulsif à rongeurs (par exemple un purin de feuilles de sureau).

Semis et boutures

La stévia se multiplie surtout par marcottage ou par bouturage.

Le semis est assez aléatoire, car les graines ne conservent leur pouvoir germinatif que durant 3 mois et il faut donc semer assez vite après la récolte des graines. De plus, le taux de réussite des semis est assez faible : en moyenne, à peine 35% des graines donnent une plantule. Et, une fois le stade de plantule atteint, il faut encore compter avec une perte de 10%.

Si vous souhaitez vous lancer tout de même dans des semis de stévia (en pot ou en godet), faites-les plutôt en automne, et veillez à maintenir une température de 20 à 25°C. Le terreau ne doit pas sécher, il faut donc une atmosphère suffisamment humide. Les graines germent en 7 à 14 jours.

Le bouturage et le marcottage donnent de meilleurs résultats : jusqu’à 95% de réussite. Bouturez de préférence les têtes, mais les boutures de feuilles sont possibles.

Il est également possible de multiplier la plante par séparation de la racine de la plante bien développée ou en isolant les petites tiges secondaires et leurs racines qui se développent au printemps.

Les plantations industrielles utilisent des méthodes plus sophistiquées : culture de tissu et bouturage pour obtenir des plantes à haut rendement en substance active5.

Récolte des feuilles

Pour la récolte, il est possible de cueillir les feuilles de stévia et de les consommer fraîches au fur et à mesure de vos besoins, toute l’année si la plante est à l’intérieur. Vous pouvez aussi procéder à une seule récolte annuelle, à la fin de l’été (entre le 15 et le 30 août pour une richesse optimale en glucosides). Dans ce cas, faites sécher les feuilles au soleil, puis réduisez-les en poudre et tamisez pour retirer les débris de
nervures et de tiges, qui peuvent être amers. Conditionnez en boîtes hermétiques.

Tailler le stévia

En zone tempérée, la stévia connaît une période de dormance en hiver. Dès les premiers froids, les feuilles et les tiges sèchent intégralement. Il faut alors la tailler
et supprimer les tiges au-dessus du 3ème œil. L’opération doit avoir lieu par temps sec, pour éviter le risque de contamination des blessures par des champignons. Au printemps, le plant repart à partir du pied et de ces bourgeons végétatifs.

Stevia est sensible au gel et à la sécheresse mais peut supporter les hivers doux du littoral atlantique par exemple.

Mis en ligne par La vie re-belle
 23/01/2021
 https://www.lavierebelle.org/stevia-rebaudiana

 Documents

 an_evidence_based_systematic_review_of_stevia_by_the_nat (...)
PDF 

Plantes de l’Afrique des Grands Lacs

Description des plantes adventices et cultivées en Afrique de l’Est et présentation de leurs propriétés et de leurs usages traditionnels et potentiels

Les articles 80

IMG: Pachyrhizus erosus : une liane tubéreuse prometteuse Pachyrhizus erosus, dont le nom le plus commun est Jicama est une l’une des plantes que les colons espagnols ont diffusé hors de leur aire d’origine origine (...)
Arbre à croissance rapide le papayer, fructifie au bout d’une année. Ses fruits mûrs, sont réputés pour leur vertus nutritionnelles. Mais on ignore souvent (...)
IMG: Zehneria scabra ou Melothria minutiflora - Umushishiro Nom botanique officiel : Zehneria scabra (L.f.) Sond.Synonyme : Melothria minutiflora Melothria scabra, Melothria punctata, Pilogyne minutiflora, (...)
IMG: Aspilia africana - Plante des hémorragies et des blessures Aspilia africana - Plante des hémorragies et des blessuresNoms botanique : Aspilia africana (Pers.) C.D.AdamsSynonyme : Aspilia latifolia Oliv. & (...)
IMG: Morus sp. - Iborore, Mûrier, Mulberry Le genre Morus comprend un grand nombre d’espèces et de variétés d’arbres. Le mûrier noir (Morus nigra L.) est une espèce d’arbres fruitiers originaire d’Asie (...)
IMG: Asparagus africanus Noms vernaculaires : Kinyarwanda : Umushabishabi Kirundi : Umusabe, Umunsabe (« qui se répand ») ; Imburabano Langues du Kivu : Kashasha, Hinyamigenge (...)
 La Vie Re-Belle | 2018 · 2021